Revenir à Bien-être

Le Harcèlement : les conséquences et quelques solutions.

 

Bonjour !

Vous l’avez vu en titre, on va aborder un thème ô combien joyeux qu’est le harcèlement. Je ne vais pas parler d’une forme de harcèlement en particulier. Il peut être scolaire, au travail, etc… La seule forme que je ne vais pas aborder, c’est le harcèlement de rue.

Pourquoi en parler sur un blog autour de l’autisme ?

Tout simplement parce qu’on est nombreux en tant qu’autiste à en subir. Et ce depuis le plus jeune âge. En ce qui me concerne, j’ai connu le harcèlement dès ma rentrée en maternelle, qui s’est poursuivi en primaire, puis au collège, puis au lycées (même si pendant cette période ça ne m’atteignait quasiment pas parce que j’étais bien entourée, d’où l‘importance de ne pas être seule dans ces situations), puis lors d’un job étudiant, puis au sein d’une école pendant mes études supérieures. Et encore une fois je ne suis pas un cas isolé.

Ce schéma donne lieu à de nombreuses questions, en dehors des questions morbides et autre dégâts que cela produit sur la personne.

Je suis autiste.

Je ne comprends pas les codes sociaux. Donc je vais faire des erreurs en société, me rendant vulnérable. En plus, je ne sais pas comment me défendre, donc ça rajoute encore plus de vulnérabilité. D’autant que je me rends compte des situations à risque qu’une fois qu’il est trop tard. Le fait d’être neuro-atypique, quelque soit la cause, te fragilise.

Pourtant, mon autisme est invisible. Invisible car on ne le voit pas quand je marche dans la rue, on peut ne pas le voir quand je te parle. Si tu me croises tu vas te dire : « elle est bizarre » ou « elle est timide. » ou « elle a un problème avec les gens. » mais jamais « elle est autiste. »

Pourtant mon autisme si invisible, me rend la cible de harcèlement. Donc, je ne suis pas si invisible que ça, non ? Puisque ça devient un prétexte pour m’attaquer et me faire souffrir.

Mais d’abord, le harcèlement c’est quoi ?

Selon le site du gouvernement sur le harcèlement scolaire que vous trouverez ici, le harcèlement se défini par une situation de domination sur une ou plusieurs personnes, par une ou plusieurs personnes dominantes qui attaquent le ou les dominés de façon répétées.

Donc, si tu croises Roger, collégien de 13 ans, comme tu peux le voir à son nom et qu’il t’insulte une fois sans recommencer, c’est juste une insulte. C’est pas gentil mais c’est pas du harcèlement. Par contre si ce même Roger t’attend au même endroit régulièrement,  t’insulte plusieurs fois, ou t’humilie plusieurs fois, là c’est du harcèlement.

Il existe plusieurs formes de harcèlement possible. Le harcèlement physique donc avec atteinte au corps, le harcèlement sexuel, qui comme son nom l’indique touche à la sexualité de la victime, souvent une femme, le cyberharcèlement (dont j’ai fait la rencontre cette année et là à part se déconnecter, bloquer/signaler et mettre en muet la conversation ou l’endroit sur lequel tu reçois les insultes, il n’y a pas grand chose à faire. Vous trouverez ici de l’aide si vous êtes victime de cyberharcèlement. ) et le harcèlement moral. Celui-ci, même s’il peut avoir l’air moindre est tout aussi dévastateur que les autres. D’ailleurs je trouve le harcèlement moral et les mots bien pire que le moindre coup que j’ai reçu.

Les conséquences immédiates d’un harcèlement.

Là je vais parler en tant que victime. Non pas pour me faire plaindre, mais simplement pour faire comprendre ce que cela fait d’être dans cette posture. Et aussi parce qu’il est rare que l’entourage et les bourreaux se rendent compte de la gravité de la situation.

Pour moi les conséquences physiques ont été : maux de ventre, envie de vomir, aggravation de l’insomnie (je suis insomniaque de base), automutilation (oui, c’est aussi psychologique mais les blessures étaient quand même réelles), malaise à répétition et crise d’angoisse, palpitations toute la journée, j’étais droguée aux anti stress en tout genre etc…

Psychologiquement c’est un désastre également : questions morbides, tu commences à croire les insultes, tu ne sais plus à qui te fier, à titre personnel car presque plus personne n’utilisait mon prénom pour me définir, j’ai même été jusqu’à faire un dédoublement de la personnalité en devenant quelqu’un d’autre pour me défendre, ne plus montrer mes émotions. Ne plus rien montrer. Idées suicidaires, angoisse indescriptible, haine envers soi même, se juger responsable de tout ça, dissociation de l’esprit, etc…

En gros dans les moments où le harcèlement que je subissais était le plus élevé, mes journées étaient devenues très routinières, puisque la routine en tant qu’autiste me rassure. Levée même heure. Habillée même heure. Aller en cours. A heure fixe je suis à tel endroit isolée de la cours. A telle heure, je monte avant tout le monde dans les couloirs. A midi, je me cache dans les couloirs, tant des élèves que du personnel etc… Tout n’était plus que survie.

Mais là, j’avais 12/14 ans.

En tant qu’ « adulte » (oui, j’ai du mal à me considérer comme adulte), les conséquences ont été encore pire. Ça m’a plongée dans une spirale auto destructrice infernale, me faisant tomber dans l’anorexie, l’automutilation et en profonde dépression. (Cachez votre joie !) D’autant qu’un harcèlement de collégien est beaucoup plus « simple » à gérer car moins vicieux (pour moi). Plus direct. Avec les adultes c’est beaucoup plus caché.

Si le harcèlement scolaire et ses conséquences vous intéresse je vous envoie à ce reportage extrêmement bien fait sur le sujet. Si vous êtes concerné de près comme de loin, je vous le conseille vivement.

Maintenant passons aux conséquences à long terme ! Ouui !!!

Vous trouverez toute la liste ici.

Vous trouverez d’autres infos ici et ici. Des conséquences sont observables sur la victime comme sur le bourreau. Quand une situation de harcèlement se met en place, tout le monde en souffre.

Il y a aussi les troubles alimentaires qui peuvent venir de ça, l’anorexie qui est très courante dans ce genre de cas, de la bipolarité, etc…

Il peut y avoir un PTSD (syndrome de stress post traumatique), de la phobie scolaire, de la phobie sociale ainsi que de l’échec scolaire. Quelque soit la gravité du harcèlement, il est important de le prendre au sérieux pour aider la victime.

Harcèlement et autisme

Je ne sais pas si l’on peut dire qu’être autiste m’a aidé. Je pense que oui. Pourtant c’est aussi parce que je suis autiste que j’ai eu droit à ces traitements. Enfin, ce n’est pas l’autisme qui est à blâmer mais surtout l’intolérance d’autrui.

Si l’autisme m’a aidé c’était surtout parce que ça m’a permis d’avoir un mécanisme de protection efficace que je n’aurai peut être pas eu en étant neurotypique.

Lors des attaques, je pouvais me réfugier dans ma tête. Autrement dit, partir dans mon imagination. J’ai un imaginaire très développé et je réfléchis et fais tout par image. Il n’est donc pas très compliqué de m’imaginer en train de courir dans les champs après ma chienne Border Collie pendant que Bastien et sa clique m’insultent.

C’est une défense que j’ai beaucoup utilisé et qui m’a sauvé la mise à de nombreuses reprises.

C’est également le cas pour les intérêts spécifiques. Ou comme j’aime les appeler : mes obsessions.

Chaque autiste a des intérêts spécifiques qui occupent beaucoup son quotidien et le ressourcent. Il amasse énormément de connaissances sur un sujet, et il adore ça. Les intérêts spécifiques sont donc des refuges et des aides très efficaces pour tenir dans ce genre de situation. Dans mon cas, le théâtre et Harry Potter, deux de mes obsessions, m’ont considérablement aidé. Clairement, sans le théâtre et les livres, j’aurai perdu pieds bien plus tôt. D’ailleurs, sous aucun prétexte et encore moins en période semblable tu ne dois cher parent, priver et ou punir ton enfant autiste par rapport à ses intérêts spécifiques. Ma mère m’avait menacé de m’interdire le théâtre et rien que cette mention de l’interdiction m’a fait avoir une grosse crise immédiatement. Si elle l’avait mis en pratique, ça aurait été catastrophique surtout que c’était la seule motivation qui me restait.

Autre côté plus sombre.

Quand tu es victime d’une injustice et autiste, c’est très difficile de te défendre.

« Pour un enfant jeune et innocent, le harcèlement scolaire représente un choc tel qu’il ne se sent plus en sécurité dans un monde qui auparavant l’enchantait et qui devient tout à coup cauchemardesque. Pour un enfant avec autisme, cela peut provoquer un état de stress post traumatique avec lequel il composera toute sa vie. »

L’Asperger au féminin, Rudy Simone

Un exemple. On va reprendre Jena. 25 ans. Elle subi du harcèlement de la part d’élèves à la fac. Elle sent qu’elle ne va pas bien. Qu’ils la traitent mal, mais elle doute. Est-ce que c’est du harcèlement ?

/!\ passage pouvant être difficile. Est traité l’état d’esprit d’une victime de harcèlement en dépression. /!\

Je tenais un cahier pendant un épisode particulièrement violent de harcèlement il y a 2 ans de ça dans le cadre d’un job étudiant dans un fast food, et j’ai écrit de très nombreuses fois après des attaques et humiliations des phrases comme ça :

« Journée bizarre. Terrifiée. Je sens que ça va recommencer. Tout va recommencer. C’est moi. C’est moi. J’ai un problème. En moi. Pourquoi je ne suis pas normale ? »

Je ne me savais pas autiste à cette période.

ou 

« Je veux être normale. Non. être acceptée. Pourquoi toujours moi ? Qu’est ce qui ne va pas chez moi ? Je sens que je n’ai pas ma place dans ce monde. Si ça recommence est- ce que M. restera avec moi ? Et si je le mettai en danger ? Je ne veux pas le mettre en danger. Si j’ai raison et que tout recommence, je n’y survivrai pas. ça finira mal. »

ou

«  Au travail j’ai fermé. ça c’est mal passé. B. un manager s’en est pris à moi. Sans que personne ne me défende. On peut me faire n’importe quoi, ce sera la même chose. C’est terrifiant. Est-ce le début ? Je ne peux rien faire. Et puis le problème vient de moi. Si je pouvais me défendre… Après tout, peut être que je le mérite. C’est ma faute. Je suis le problème.  »

Pourtant j’étais déjà dans une situation manifeste de harcèlement.

/!\ fin du passage /!\

Jena a également du mal à comprendre ses émotions. Elle se sent mal. C’est sûr. Mais n’arrive pas à mettre d’autres mots dessus. Et puis quand elle en parle, elle n’arrive pas non plus à bien s’y prendre. Ou elle-même minimise la situation ou elle reste dans le silence.

Moi-même, je n’ai pas parlé à ma mère des agressions, pourtant graves, d’une prof de physique chimie quand j’étais au collège. Parce que quand tu vis des situations de harcèlement toute ta vie, ça devient normal même si tu en souffres autant que la première fois, voir plus, et les adultes autour de toi ne t’écoutent pas.

Quand j’ai parlé à mes parents du harcèlement au travail, c’était la deuxième fois que j’étais obligée de parler de harcèlement avec eux parce que je n’arrivais pas à le gérer seule. Leurs premières réactions ont été de me dire que j’étais peut être le problème. (comme vous avez pu le lire plus tôt, ça n’a pas du tout été la bonne chose à dire. Vraiment pas. Les conséquences de cette discussion ont été terribles. ) Mon père avait même fini la conversation par : « jamais deux sans trois. », ce qui c’est révélé exact. Et quand ce troisième épisode de harcèlement également important est arrivé, j’avais de nouveau besoin d’aide, mais je n’en ai pas parlé. Je n’imagine même pas la réaction de ma famille !

« je reçois sans arrêt des témoignages de personnes atteintes de troubles autistiques, victimes de harcèlement à la maison, à l’école et au travail. […] Il n’y a rien de pire que d’être victime de harcèlement car cela influe de manière significative sur les nerfs et sur la santé tant psychologique que physique. En tant que femme asperger, vous avez besoin de soutien et de protection mais il est également essentiel que vous vous défendiez.[…] cherchez de l’aide. Dites à vos parents que vous ne remettrez pas les pieds à l’école tant que le harcèlement n’aura pas cessé. […] Aucun parent ne devrait tolérer la moindre forme de harcèlement scolaire quand il s’agit de son enfant. »

L’Asperger au féminin, Rudy Simone

Par contre j’en ai parlé à des amies qui ont su m’aider et être présents et qui ont eu les bonnes réactions à avoir. Ils ont même réussi à gérer un gros Meltdown que j’ai eu suite à ça. Et c’est pas courant. Parce que oui, toujours en parler. Si ta famille n’est pas là pour toi, tu as forcément quelqu’un d’autre pour t’aider. Ils m’ont évité de tomber dans mes travers autodestructeurs. Et ont été un soutien incroyable.

Mon rapport avec le harcèlement est devenu comme une sorte d’ami/ennemi, dans le sens où aujourd’hui je sais que je vais avoir ce problème et que rentrer dans un groupe peut être compliqué, que je me mets vraiment en danger à chaque nouvelle rencontre, donc je le redoute et pourtant je reste quelqu’un de sociable. J’ai besoin du contact avec autrui, malgré le risque que ça prend. Oui, tu peux être autiste et sociable. Et être sociable ne veut pas dire que le rapport aux autres se passe bien.

Autre chose par rapport au harcèlement et à l’autisme, mon premier rapport avec l’autisme ( en dehors de moi-même bien sûr, puisque je suis née autiste) c’était dans le cadre du harcèlement au collège.

Dans ma classe, il y avait un garçon autiste qui subissait également du harcèlement. Ce garçon, qui s’appelait Adrien et que j’embrasse très fort s’il me lit, a été pour moi un pilier. Comme à chaque fois que j’allais rencontrer un autiste, que ce soit en ligne ou en vrai, les rapports allaient se révéler extrêmement simples.

C’était… une sorte de monde, de paradis rien qu’à nous quand on était ensembles. On parlait de nos rêves, de nos passions, lui c’était la cuisine, il rêvait de faire chef, et c’était tellement simple. Là où le monde était si violent et compliqué, avec lui c’était magique. Et je ne parle pas de relation amoureuse. Ce n’était pas ça non plus.

Et même si je n’ai pas envisagé l’idée que j’étais peut être autiste également à cette époque, je me rappelle m’être bien questionnée sur pourquoi c’était si simple d’avoir une relation avec lui là où toutes les autres étaient très compliquées et se finissaient généralement mal.

Solutions et trucs à ne pas faire.

Ben oui, parce que c’est bien beau de parler de tout ça, mais si on n’explore pas les solutions ça n’aide en rien.

D’abord je m’adresse à vous, chers professeurs et CPE. Parce que votre réaction quand on vient vous voir pour dénoncer ces actes est capitale. Parce que rien que le fait de venir vous voir et d’en parler, constitue une preuve de confiance et surtout de courage, car on a énormément peur que ça nous retombe dessus. Donc:

1) Vous croyez de suite la victime. Ne remettez pas en doute ses dires. JAMAIS.

2) Ne lui dites JAMAIS que c’est de sa faute. Parce que quoi qu’il se soit passé, même si la situation est née d’une faute quelconque de la victime, elle n’en est pas responsable et ne mérite pas ça. C’est une VICTIME.

3) Intervenez. Déjà, rassurez la, faites lui comprendre que ce n’est pas de sa faute, que vous êtes là pour elle, qu’elle n’est pas seule, que l’autorité que vous représentez est avec elle. Ensuite, punissez les coupables, sans les confronter avec la victime. S’il vous plait, ne faites plus ça. C’est horrible à vivre. Et prévenez les parents. Les victimes n’en parlent pas forcément à leur famille et si vous savez que la famille est bienveillante, vous devez en parler. N’oubliez jamais qu’une telle situation peut tourner en suicide.

Si vous êtes mineur et victime, dites vous bien que vous n’avez pas à gérer cette situation seul. Vous n’en êtes pas capable. Et rien à voir avec une certaine maturité. (ce qui me fait penser que ce conseil vaut aussi pour les adultes) La meilleure chose à faire c’est en parler. A moins de ne pas avoir de chance (bonjour moi), tout ce passera bien. Et il y a forcément un adulte dans votre entourage qui peut vous aider. Si vous ne parvenez pas à en parler, à mettre des mots à l’oral sur ce que vous traverser, faites le à l’écrit. Prenez un papier et écrivez ce qui vous arrive, puis faites le lire à vos proches/parents/professeurs, etc…

Si vous êtes parents d’un enfant victime, vous devez d’abord le soutenir à tout prix. Le réconforter. Lui rappeler qu’il n’est pas responsable de ce qui lui arrive. Que ce n’est pas normal. Être là pour l’écouter, être son épaule quand il a besoin de pleurer. Ne le lâcher sous aucun prétexte. Ne mettez pas sa parole en doute, même si l’agression qu’il vous raconte vous semble ridicule, moindre. Le principal, c’est pas seulement la gravité de l’agression. Si votre enfant se sent blessé par quelque chose qui ne vous semble pas important, il se sent blessé point.

Un exemple à ne pas faire par rapport à ça : j’avais reçu des menaces de morts, quand j’en ai parlé, mon père m’a dit : « ils ont 14 ans, c’est que des gosses, qu’est-ce que tu veux qu’ils te fassent ? » Et juste non. Il aurait du me dire qu’il le prenait en compte, qu’il allait en parler au personnel, qu’il sera toujours là pour me protéger quoi qu’il arrive, que sa protection était assez grande pour éviter que la menace soit faite. Et sa réaction m’a donné l’idée qu’il ne me prenait pas au sérieux et donc que j’étais livrée à moi-même avec cette menace comme une épée de Damoclès au dessus de la tête. Même si oui, en effet, il était peu probable qu’ils mettent en pratique leurs menaces.

Croyez-le quand il vous parle d’une agression même si elle vous semble trop grave pour être vraie.

Ne l’obligez pas à parler. L’un de mes traumatismes de mes 14 ans je le dois à ma mère parce qu’elle a voulu à tout prix savoir ce que je subissais. J’ai jamais répondu, et elle a insisté. Maintenant j’en fais des cauchemars.

Selon le contexte, cher parent tu disposes de quelques armes. Tu as les gentilles. Donc aller voir les profs, le prof principal, le CPE etc… Selon les cas, ça peut mettre fin au harcèlement.

Si ça ne suffit pas, va taper plus haut : Le directeur ou la directrice.

Si même lui ne veut rien faire ou ne t’écoute pas, va taper à la porte des harceleurs toi-même. Selon les personnes et les parents, il y a des chances pour que le harceleur passe un très mauvais moment. Mes parents avaient fait ça pour moi et j’ai eu la paix pendant au moins deux semaines, ce qui n’a pas du tout été négligeable vu la situation. Et ça a arrêté définitivement mon principal harceleur. Malheureusement d’autres ont pris sa place.

Si ça ne marche toujours pas, tu peux changer l’enfant d’école, lui faire cours à la maison, ma mère l’a fait pendant deux ou trois semaines pour moi avant de me remettre au collège parce qu’elle tenait quand même à tout prix à ce que je sois sociabilisée. (C’est tellement important, tu vois. Surtout quand t’es entouré de bourreaux.)

Et sinon tu as le rectorat et l’académie. Je te jure que c’est méga efficace. La directrice de mon collège voulait me faire redoubler et en avait rien à faire du harcèlement. D’ailleurs, mes notes étaient juste assez hautes pour me faire passer, donc rien ne justifiait un redoublement. Mais elle en avait décidé ainsi. Mon père à écrit à l’académie. Et c’était finit. J’ai eu le papier du collège signé et parfumé à la rage de la directrice qui me promettait un échec cuisant pour le bac, et suis passée au lycée pour obtenir mon bac et rentrée à la fac. Je vous jure que si un jour je retrouve son adresse, je lui envoie mon bac + 3 par la poste avec un joli petit mot plein d’amour. (ou pas.)

Je te ressors une autre citation de Rudy Simone suivi d’un témoignage présent dans le même livre venant d’une femme autiste :

« Parents vous vous devez de protéger vos enfants, même si cette protection revient en partie à leurs apprendre et à les encourager à se défendre. Mais il arrive que le harcèlement scolaire devienne une menace pour la santé voire pour la vie de l’enfant et il est alors indispensable d’intervenir. N’ayez pas peur de faire des vagues quand tant de choses sont en jeu. »

« l’école publique a été un vrai cauchemar pour moi. J’étais harcelée et les autres se moquaient de moi. J’étais timide et pas très vive. J’avais des problèmes de lecture en raison de ma dyslexie. Puis je suis allée dans un lycée privé international où l’on m’encourageait en tant qu’individu. J’ai bien réussi dans ce lycée.

(Jen)« 

 

L’Asperger au féminin

Si tu es adulte et victime. Sache que tu peux porter plainte. Fais tout ton possible pour avoir des preuves. Des traces écrites par exemples. Pour le dernier épisode en date de harcèlement, j’ai gardé des captures écrans des messages injurieux que j’avais reçu, au cas où je doive porter plainte et apporter la preuve de mes propos. Si c’est sur ton lieu de travail, tu peux enregistrer les insultes orales par exemple avec un dictaphone. Les portables en ont aujourd’hui. Conserve les emails.

Et surtout si c’est possible pour toi démissionne. Ne reste pas dans un endroit comme ça. Mieux vaut que tu sois obligé de galérer niveau tune plutôt que de mettre en péril ta santé mentale. Tu peux tenter d’en parler à ton patron si ce n’est pas l’auteur. S’il a un supérieur, écris au supérieur. Il est possible que ça y mette fin.

Dans tous les cas, crois moi que les conséquences et les cicatrices de l’âme sont beaucoup plus dures, beaucoup plus longues à guérir et font beaucoup plus mal que des blessures visibles. Rien ne vaut le coup que tu te fasses du mal en restant dans un endroit néfaste.

Si tu es bourreau et enfant/ado, prend conscience de tes actes. Je ne vais pas te faire la morale à coup de c’est pas bien. Mais sache que si tu es quelqu’un de bien, tu vas le regretter. Peut être que tu fais ça pour ne pas que ça t’arrive à toi, peut être que tu as été victime et que tu te places en bourreau pour ne pas avoir à en être de nouveau victime, peut être que tu cherches juste à faire le malin, à être aimé, pour ne plus être seul.e, pour te sentir important, pour compenser un mal être du à des traumatismes ou à des maltraitances subies. Il y a plein de raisons. Tu peux aussi juste être mauvais et aimer faire souffrir les autres. Mais c’est un profil rare. Dis toi que tu risques de t’en vouloir longtemps après les faits. Que tu ne vas pas être capable de te pardonner. Mon harceleur le plus virulent avait été harcelé avant et retournait la situation pour ne pas être de nouveau victime. Crois moi qu’il n’est pas fier de ses actes et en a souffert et en souffre peut être encore. il s’est d’ailleurs confondu en excuses alors que je les confrontais tous à leurs actes. Et imagine que ta victime fasse une tentative de suicide ? Ou réussi son suicide. Peut être que tu rigoles de cette éventualité. Parce que tu te dis que ça n’arrive jamais. Pourtant, la majorité des enfants harcelés pensent au suicide. Qui te dit qu’il ou elle ne va pas passer à l’acte ? Réfléchis aux conséquences que cela peut avoir sur une personne qui a ton âge et qui n’a aucun répit.

Cet article est beaucoup trop long. Donc. Si jamais tu te retrouves dans cette situation, si jamais tu vis cette situation, quelque soit ton âge, la forme, le pourquoi, le comment, je te soutiens, tu n’es pas seul.e. Et non, ça ne dure pas toute ta vie. Ne fais pas de bêtises, crois moi qu’après chaque horreur, il y a toujours des moments qui méritent d’être vécus. Toutes ces personnes ne méritent pas qu’on se souvienne d’elles, ne méritent pas d’avoir cette importance dans nos vies et rien n’excuse leurs actes quelque soit leur âge.

Dans tous les cas, dis toi que je pense à toi où que tu sois, qui que tu sois et que je t’aime énormément.

Angie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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