Revenir à Bien-être

Gérer son stress quand on est autiste…

Avant de rentrer dans le vif du sujet, j’aimerai expliquer pourquoi j’en viens à écrire cet article. J’ai été récemment plus ou moins « lynchée » sur la toile par certaines personnes qui ont décidé que je ne savais pas prendre en considération le stress de certains autistes, ou que j’étais en incapacité d’évaluer l’intensité de ce stress, et que je n’étais probablement pas assez stressée moi même pour pouvoir en parler objectivement.
Je m’en suis tellement pris plein la tête, qu’il m’a fallu quelques jours pour prendre du recul par rapport à toutes ces attaques de gens qui supposent beaucoup plus qu’ils ne savent en réalité, et qui n’ont aucune légitimité à décider de ce que je suis ou pas. Rien que d’y repenser, ça me stresse! >.<

Or, le stress n’est pas une chose réservée aux autistes, beaucoup de gens connaissent des périodes de stress intenses dans leur vie, d’autres le sont tout le temps sans même en avoir conscience (durant toutes ces années où j’ignorai mon autisme, j’étais qualifiée de « nature anxieuse », « tempérament nerveux », ça collait avec mon hypersensibilité/hyperactivité et mes multiples problèmes médicaux. Je ne comprenais souvent pas pourquoi on me disait ça, je ne me sentais pas plus stressée que ça, en réalité, je n’avais aucune conscience de ce que tout ce stress engendrait non plus… Je vivais sous stress en permanence, parce que ne pas savoir qu’on est autiste engendre bien des situations stressantes, et à la longue, cela nous rend anxieux).

Afin d’y voir clair, en voici la définition:

État de perturbation provoqué par une agression

Initialement, le stress a été défini comme une réponse physiologique de l’organisme à une situation épuisante, dangereuse ou angoissante. Le corps produit alors des hormones spécifiques. Cette notion a été ultérieurement étendue à tout état de perturbation provoqué par la confrontation avec un danger, une menace physique ou psychique, un environnement difficile. On parle du stress d’un examen, d’une rupture sentimentale, d’une compétition, d’un accident, du bruit ou de la pollution. A priori, cet état n’a rien de pathologique.

Et pour y voir encore plus clair, puisqu’il me semble vraiment que vous êtes nombreux à ne pas saisir la différence entre le stress et l’anxiété, je vous invite à aller lire la définition de l’Anxiété.

Voilà, forts de ces deux définitions, revenons rapidement sur l’autisme. L’autisme est une condition, il n’est pas question de le « vaincre » ou de le « guérir », ou de reconditionner le cerveau d’un autiste, ce qui n’empêche pas de contribuer à l’évolution de l’autiste en lui donnant de bons conseils pour son bien être et sa santé, ce que les spécialistes de l’autisme essaient de faire au mieux, ce que nous essayons également de faire entre nous… Parce que s’entre-aider, c’est essentiel.
Les techniques qui peuvent aider un autiste à plus d’autonomie ne sont pas « validistes ».

Vouloir aider un autiste ou un non autiste à gérer son stress ou son anxiété, ce n’est pas être validiste du tout, c’est vouloir améliorer la santé de la personne, parce que le stress et l’anxiété ne sont pas bons sur le long terme, et il existe des solutions pour comprendre et agir sur cet état là… Laisser un autiste dans son stress en lui faisant croire que c’est une fatalité, sans lui offrir la possibilité d’agir dessus, c’est juste de la maltraitance! Et étant moi même hyper anxieuse (comme la plupart des autistes?) je ne prends pas l’aide qu’on peut m’apporter à ce sujet comme une attaque validiste, et j’ai du mal à comprendre qu’on puisse le prendre ainsi, parce que je sais tout le mal que cela a fait à mon mental et à mon corps durant toutes ces années où je ne me connaissais pas vraiment! Et je sais également qu’on peut apprendre à s’en préserver, à le gérer pour le rendre moins intense, dans certaines situations en tous cas, afin d’avancer un peu plus sereinement dans la vie, et de mieux vivre sa condition autistique.

Se préserver du stress… implique d’abord de se connaître le mieux possible, afin de bien repérer les situations qui nous rendent très anxieux ou qui nous angoissent fortement. Certaines situations peuvent être évitées, tout simplement, c’est à chacun d’entre nous de savoir si une situation est inévitable ou pas.

(ex: Le bruit et la foule sont deux choses qui me stressent, provoquent chez moi une trop grande anxiété. Je ne peux pas éviter de sortir dans la rue pour me rendre à un rdv. Par contre je peux m’y préparer, et trouver des choses pour limiter ma souffrance. Ainsi, pour lutter contre le bruit je vais mettre mes écouteurs, avec ou sans musique. Et pour lutter contre la foule, je vais choisir des chemins que j’ai l’habitude d’emprunter et où en temps normal, peu de gens passent. De cette façon j’agis sur le stress qu’implique une sortie obligatoire- ça reste stressant, mais je mets toutes les chances de mon côté pour vivre au mieux cette expérience en me disant que de toutes façons, je finirai par rentrer chez moi, dans ma bulle, pour me reposer, une fois mes obligations terminées. )

(autre ex: On m’invite à un concert, je sais que c’est trop de stress pour moi à cause de la foule et du bruit… Je refuse. Je connais mes limites, et je choisis de me préserver des choses qui ne me paraissent pas utiles- je ne vous dis pas que vous devez refuser les invitations aux concerts, chacun ses limites, ce ne sont que des exemples qui s’appliquent à moi même).

Gérer le stress… Oui oui, le gérer, le dompter, le dominer, ne pas le laisser nous anéantir. On a le droit, c’est pas interdit. Et il existe des tas de techniques (je ne les connais pas toutes) à commencer par « savoir respirer ». Quand on est anxieux, ou stressé, on a tendance à ne pas savoir respirer correctement. Au lieu de respirer par le ventre, on respire dans sa poitrine, et ça peut provoquer des douleurs. Apprendre à respirer c’est pas si compliqué, ça ne se fait pas du jour au lendemain car il faut y penser, et ce n’est pas toujours possible. Plusieurs personnes peuvent vous apprendre à respirer dans le monde médical, on peut également trouver des tutos sur le net. Je vous invite à tester ces petits exercices de respiration.
J’ai moi même appris à respirer, je n’y pense pas toujours, mais quand j’y pense, ça me fait du bien, avant de passer un coup de fil par exemple, je prends le temps de respirer un moment avant de me lancer dans cet exercice qui ne m’amuse pas plus que vous, mais qu’il est très utile de savoir exécuter lorsqu’on est indépendant. (Bon quand c’est quelqu’un qui m’appelle, je respire après- et ensuite je mange du chocolat pour me féliciter- heureusement, les gens savent que je déteste le téléphone, et donc on m’appelle rarement :’) ).

Les techniques sont tellement nombreuses pour gérer le stress, que je suis certaine que vous pouvez en trouver des tas sur le net (en vrai j’en suis certaine parce qu’avant et pendant l’écriture de cet article, j’ai fait des recherches,  et des tas de professionnels de la santé m’ont appris des techniques durant ma vie… na! :p ). À vous de décider si vous voulez vous contenter de vivre en étant dominé par le stress et l’angoisse, ou si vous voulez agir contre lui, dans votre intérêt à vous! Si vous êtes suivi par un psychologue ou psychiatre, n’hésitez pas à lui demander de vous aider à gérer votre stress dans telle et telle situation, je suis certaine qu’il aura des tas de trucs et astuces à vous donner, et vous pourrez ensuite en faire profiter d’autres autistes qui en auraient besoin! Tiens d’ailleurs, l’avis d’un psychiatre dont le stress est la spécialité.

Je vous invite également à lire une interview de ce même psychiatre: « Le stress n’est pas une maladie » – Son point de vue de spécialiste est plutôt intéressant.

Voilà, je terminerai cet article en donnant un conseil aux parents d’enfants autistes, agissez sur le stress de votre enfant, en le limitant, et surtout, apprenez lui à le gérer lui-même, en vous aidant des professionnels qui interviennent auprès de lui, plus on agit tôt sur ce genre de problématique, plus on obtient des résultats. Il est plus facile d’acquérir des automatismes lorsqu’on est enfant, c’est donc une chose à ne pas négliger. Se connaître soi même, comprendre ses propres limites, savoir repérer les sources de stress pour les éviter ou agir dessus, c’est important pour devenir autonome et bien dans sa peau, donc placez ça dans les objectifs d’éducation de votre enfant!   😉

Que la force des cuillères soit avec vous!   (Just_autist).

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